Contes à Lola

Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 17:44
Vous m'avez dit de bien jolis mots, mais moi, je n'arrive pas à en faire quelque chose de beau.

J'ai 18 ferrero rochers dans la boîte à chaussure sur mon étagère. Deux cookies tout chocolat; un paquet de Winston vide, où je range les cigarettes de secours volées à mes parents. Il y en a rarement, j'en ai souvent besoin. Trois briquets, chacun son histoire. Une petite boîte pour mettre les sachets en plastique où je mets les gâteaux pour qu'ils ne ramollissent pas jusqu'à temps que je crise. Un sachet de sucre -une antiquité. Un truc en forme de papillon, que j'avais volé avec H. parce qu'on pensait que c'était un ouvre bouteille -ça coupe, mais ça n'en n'est pas un. Je ne sais pas ce que c'est, c'est con. 
 
J'ai un lion dans mon estomac qui rugit et rugit sans cesse. 



Déchirement.

Ce mot m'évoque le froissement des ailes d'une fée dans le ventre de son amant, qui pour l'aimer la croque et la digère, à l'infini. Le "dé" pour la classe; la rébellion; la rage. Comme un hurlement grossier mais poignant, sincère, terrifiant. Le "ch" pour les mâchoires qui broient tour à tour chaque membre de la fée, le "ir" pour un exotisme fébrile, des odeurs alcoolisées et sucrées. Des paillettes violettes sur la langue de l'amoureux transi. Et la fin, c'est pour l'équilibre; et l'aboutissement.

Hickey.

Haha. J'adore <3 Un jour, un scarabée trouva une main aux doigts fins et délicats sous le sable, au milieu du désert. C'était une main d'enfant. Il en fit sa maison. Au creux de la paume esseulée de la jeune fille, il installa son nid, y passa ses nuits, et chaque matin contemplait les ongles au lunules nacrées comme une fenêtre ouvrant sur mille et un secrets. Un après-midi, alors qu'il avait décidé de faire une sieste innocente, il vit s'abattre sur lui toute la peau, lisse et douce, de la jolie main et se senti écrabouillé, vulgairement, au coeur du poing serré. Mort <3
Désolée, les suçons et tout ça, ça n'a pas grand rapport; mais ça ne m'inspirait pas mieux. 





Let's fuck.

Tomber amoureux. S'ouvrir la main. Lécher son sang. Courir toute nue. Mourir en rêvant. Chanter en pleurant. Faire pousser des fleurs dans ses veines. Torturer des marguerites. Apprendre à parler à des vaches. Faire des couettes à un papillon. Monter l'Everest en talons aiguilles. Inventer la machine à remonter le temps. Vivre. Voir comment vivaient les hommes préhistoriques. Envier les Autres. Vomir en se teignant les cheveux en roux. Adopter un chimpanzé. Etre jalouse des atomes. Vouloir n'être qu'une cellule, qu'un noyau, qu'un chromosome, qu'un gène. Pour ne plus être une gêne. Pam. Trois bleus sur l'autre bras. Life is beautiful.


Je me sens nulle quand je me relis; amen, love. <3

 
Par Lily - Publié dans : Contes à Lola
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Dimanche 14 décembre 2008 7 14 /12 /Déc /2008 19:40

Un jour, dans des contrées aujourd’hui oubliées, une princesse naquit dans la plus haute tour d’un somptueux château.
C’était la dernière d’une lignée de six filles. On la nomma Stella.

Lorsqu’on la baptisa, on lui trouva une bouche étrange ; mais on ne s’en inquiéta pas. Bien au contraire, la reine s’enthousiasma beaucoup pour la moue singulière de sa délicate enfant. Ce détail mis à part, la princesse était parfaite. Elle avait des yeux émeraude ombragés de longs cils sombres et épais, un petit nez en trompette et de superbes cheveux blonds. Mais les années passèrent et la princesse grandit ; elle était toujours aussi belle, certes.. Mais sa bouche avait pris des dimensions incroyables.
Elle avait la taille d’une pastèque lorsque la Princesse riait.Quand elle souriait, les commissures de ses lèvres montaient si haut que l’on s’amusa dans la Cour d’une nouvelle expression à la mode – « avoir le sourire jusqu’aux oreilles ».

La princesse, désespérée, fit venir tous les médecins du royaume.

* Le premier voulu lui coudre les lèvres ; elle refusa. Il insista en lui assurant que les fils étaient confectionnés dans des coloris très chics à Paris, elle hésita, puis refusa à nouveau.

* Le second lui ordonna de ne plus manger que des aliments coupés en morceaux aussi gros que la tête d’une allumette ; elle s’y plia, perdit 15 kilos, mais rien n’y fit, sa bouche continuait de grandir.

* Le dernier médecin lui prescrit une muselière. Il prit un ton tellement confiant et persuasif en lui promettant la guérison au bout de trois mois, qu’elle le crut. Trois mois plus tard, elle couru folle d’excitation devant le miroir de sa chambre pour observer un reflet inchangé. Elle hurla de rage, en ouvrant la bouche si grand que les murs du château en tremblèrent tous.

Elle fit exécuter chacun des médecins.

La princesse était la risée de ses sœurs, la honte de ses parents, et n’osait plus sortir de son grand lit à baldaquins, dont elle gardait les rideaux toujours fermés.
Elle pleurait chaque soir contre son oreiller, si bien qu’une nuit la pièce fut remplie d’eau, et la princesse Stella transportée dehors, flottant, par la fenêtre ouverte. Elle n’avait pas peur et se contentait d’empêcher sa robe de remonter au-dessus de ses genoux avec les mouvements de l’eau –fort disgrâcieux pour une princesse.

Au bout de quelques heures de navigation, la princesse échoua sur une petite colline recouverte d’herbe verte. L’eau aussitôt s’évapora, et du même coup ses vêtements séchèrent.
La princesse monta sur la colline et observa le ciel rêveusement. Elle poussa un soupir ; si fort que les étoiles furent propulsées en avant.
Elle écarquilla les yeux, surprise, puis épouvantée, et frappa du pied de haine contre elle-même.
Puis elle s’assit et réfléchi.

Au bout d’une heure, peut-être deux, elle se releva, se hissa sur la pointe des pieds et, au lieu de souffler, pris une grande bouffée d’air nocturne en fermant les yeux. Une étoile fonça à toute allure sur sa langue. Elle referma les lèvres, et savoura l’astre qui fondait contre son palais. Les pointes de l’étoile inondaient sa salive de leur goût gentiment sucré et de leur couleur mordorée. Les saveurs fusaient contre ses papilles, et l’exquise luminescence de l’étoile emplissait tout son corps.
Elle se sentit transportée, transformée, et décida de vivre à tout jamais sur la petite colline, seule, à avaler des étoiles à longueur de journées.


On s'en fout, qu'il n'y ait d'étoiles que la nuit. 
 
Par Lily - Publié dans : Contes à Lola
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Cendrier

Aujourd'hui est un jour à s'étrangler avec des smarties,
et à y succomber. 

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